LES INFOS À J-1

25 avril 2026 - 18:08

À retenir :

. La 112e édition de Liège-Bastogne-Liège se décidera-t-elle dans le Col de la Redoute ? Telle est la prédiction du responsable sportif de la course, Jean-Michel Monin, ainsi que de nombreux coureurs. Remco Evenepoel y prévoit « une grande bataille » et pense que les nouveautés du parcours vont amener « plus de fatigue » avant l’ascension.

. Le grand favori de la course, Tadej Pogacar, n’est pas inquiété par ces modifications. L’homme en quête d’un quatrième succès se méfie plutôt de la concurrence : « Paul Seixas est dans une très bonne séquence, et on sait que c’est l’une des meilleures courses pour Remco Evenepoel. Mais il y a bien d’autres coureurs qu’il faut avoir à l'œil. »

. « Je ne pars jamais défaitiste », annonce Seixas trois jours après son succès sur La Flèche Wallonne. Le Français est à la veille de l’un des plus grands défis de sa jeune carrière. Tom Pidcock, Giulio Ciccone ou Mauro Schmid apparaissent sur la liste des outsiders ambitieux. « Je prendrais peut-être des risques », ose même le Suisse.

UN DUEL TRÈS ATTENDU… ET UN TROISIÈME MOUSQUETAIRE

Le soleil qui a accueilli les coureurs lors de la présentation des équipes sur la place Saint-Lambert de Liège, ce samedi, les accompagnera également dimanche pour la 112e édition de Liège-Bastogne-Liège. Il éclairera de sa lumière les trois stars qui se démarquent du reste du peloton cette année. On y retrouve les vainqueurs des cinq dernières éditions, Tadej Pogacar (2021-24-25) et Remco Evenepoel (2022-23), rejoints parmi les prétendants à la victoire par l’espoir français Paul Seixas, lauréat de La Flèche Wallonne mercredi. « Ce sont les trois noms qui ressortent », confirme le responsable sportif de la course, Jean-Michel Monin. « C’est la première fois que Pogacar et Evenepoel sont tous les deux à 100 % ici : Pogacar était tombé avant les moments décisifs en 2023, et Evenepoel revenait de blessure l’an dernier. » Deux hommes potentiellement challengés par un troisième, âgé de 19 ans seulement. « Paul Seixas a déjà dompté le Mur de Huy, qui peut s'avérer plus difficile à maîtriser qu'un parcours long et difficile comme celui de Liège. La distance, le placement, le manque d'expérience : tous ces défis, il peut les surmonter. »

Quant au parcours, le principal changement est la suppression de la Côte de Mont-le-Soie (qui figurait auparavant à environ 100 kilomètres de l'arrivée) au profit du Col du Maquisard, absent depuis cinq éditions. Il sera placé juste avant la Côte de Desnié et la célèbre Côte de la Redoute, tremplin utilisé par Evenepoel et Pogacar pour leurs attaques victorieuses ces quatre dernières années. « Enchaîner ces trois ascensions rendra l'approche de La Redoute un peu moins nerveuse », explique Monin. « Je pense que ça roulera déjà très vite à Stockeu et Haute-Levée, comme les dernières années, mais que les mouvements clés se feront à La Redoute. La montée est plus propice pour creuser un écart, et attendre jusqu’à la Roche-aux-Faucons est un peu risqué. »

Le trophée de Liège-Bastogne-Liège 2026
Le trophée de Liège-Bastogne-Liège 2026 © A.S.O. / Billy Ceusters
Tadej Pogacar, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège 2025
Tadej Pogacar, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège 2025 © A.S.O. / Jennifer Lindini
Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe)
Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe) © A.S.O. / Billy Ceusters

TADEJ POGACAR : « PAS UNE LUTTE À SEULEMENT DEUX OU TROIS COUREURS »

Invaincu de septembre 2025 à avril 2026, Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) a été battu pour la première fois en sept mois à Paris-Roubaix (2e). Pas de quoi altérer son statut de grand favori à un quatrième succès sur Liège-Bastogne-Liège. Ce serait aussi son troisième d’affilée, un exploit inédit au XXIe siècle. Vainqueur au sprint en 2021, le Slovène s’est envolé sur les pentes du Col de la Redoute ces deux dernières années. Jamais deux sans trois dimanche ? « Nous n’avons pas encore trop parlé de la tactique, mais il n’y a de toute façon pas beaucoup à dire : c’est une course longue et fatigante, il faut de bonnes jambes et une bonne équipe », résume-t-il.

Les modifications apportées à l’approche de la Redoute ne l’inquiètent pas : « Je ne vois pas une grande différence. La course était déjà dure l’an dernier et ce sera la même chose cette année. Ce sera peut-être un peu plus difficile, mais on verra demain si cela a un impact. » Le Slovène s’attend à une « concurrence rude » pour le détrôner, et pas seulement chez les favoris annoncés : « Paul Seixas est en grande forme, il est dans une très bonne séquence et très motivé. On sait aussi que c’est l’une des meilleures courses pour Remco Evenepoel. Mais ce n’est pas une lutte à seulement deux ou trois coureurs, il y en a plein d’autres dont il faut se méfier. »

REMCO EVENEPOEL : « IL Y AURA PLUS DE FATIGUE »

Double vainqueur à Liège (2022-23), Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe) fait son retour un an après avoir essuyé son premier échec ici (55e), alors qu’il se remettait d’une lourde blessure. « Je m’attends à pouvoir tenir plus longtemps que l’an dernier », sourit-il. Le Belge annonce un degré de difficulté accru avec l’ajout du Col du Maquisard dans le circuit menant vers « la grande bataille » de la Redoute. « Il faudra être malin avec le vent de face au retour de Bastogne, car si on roule devant trop tôt, on perdra des pourcentages par rapport à ceux dans le peloton. Les côtes vont s’enchaîner après Stavelot. L’une des clés sera d’entrer dans le Col du Maquisard en bonne position. Le parcours est un peu nouveau pour tout le monde et je pense qu’avant La Redoute, il y aura plus de fatigue qu’auparavant. On prend la descente du Rosier, on arrive à Spa, on monte au Maquisard, on redescend puis on remonte (la Côte de Desnié). Ce sont 10-15 minutes très explosives et du dénivelé en plus avant La Redoute. »

Il désigne Tadej Pogacar comme le favori mais rêve aussi de victoire. Au sprint, comme face à Mattias Skjelmose sur l’Amstel Gold Race la semaine passée ? « Pour arriver au sprint, il faudra survivre dans les côtes ! Il y a encore une dernière difficulté proche de l’arrivée avec la Roche-aux-Faucons, mais je connais le parcours et la forme est là. J’ai confiance en mon sprint. C’est mieux d’arriver seul, et s’il y a un sprint après six heures de course, je ne dois pas avoir peur. »

PAUL SEIXAS : « JE NE PARS JAMAIS DÉFAITISTE »

Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) connaît une partie du parcours pour avoir remporté Liège-Bastogne-Liège Juniors en 2024. Le Français vient de marquer l’histoire en devenant le plus jeune vainqueur de La Flèche Wallonne, où il disputait sa première classique ardennaise chez les pros. « Ça met en confiance mais ce sera une course totalement différente, avec d’autres adversaires », prévient-il. La présence de Tadej Pogacar, qui l’a battu aux Strade Bianche en mars, change la donne. « Il domine ce type de course donc on va courir en fonction. Je n’exclus aucune possibilité, il peut se passer beaucoup de choses sur 250 kilomètres. Baisser les yeux au départ n’est pas dans mon esprit. Je ne pars jamais défaitiste en me disant que je vais jouer la 2e place. Il est très fort et on va se battre jusqu’au bout. »

Seixas entend aussi se nourrir de la bataille à venir face à celui qu’il décrit comme étant « peut-être le meilleur coureur de tous les temps. Essayer de se battre contre lui est un honneur. Ça permet aussi de se tirer vers le haut et voir ce qu’il manque. J'ai hâte et c’est toujours une belle expérience de courir contre lui ».

Paul Seixas (Decathlon-CMA GCM)
Paul Seixas (Decathlon-CMA GCM) © A.S.O. / Gaëtan Flamme
Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5)
Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5) © A.S.O. / Billy Ceusters
Mattias Skjelmose (Lidl-Trek)
Mattias Skjelmose (Lidl-Trek) © A.S.O. / Billy Ceusters

TOM PIDCOCK EN QUÊTE D’UNE PREMIÈRE VICTOIRE BRITANNIQUE

Aucun Britannique n'a jamais remporté Liège-Bastogne-Liège, et seuls trois sont montés sur le podium : Barry Hoban (3e en 1969), Robert Millar (3e en 1988) et Tom Pidcock (2e en 2023), qui aborde cette édition légèrement diminué après son abandon au Tour de Catalogne il y a un mois. « Je ne serai certainement pas dans la même forme qu'en Catalogne », affirme le grimpeur de chez Pinarello Q36.5 malgré sa victoire d'étape au Tour des Alpes cette semaine. « C’est déjà bien d’être au départ. Reprendre la compétition après une si longue absence a été difficile, mais je progresse de jour en jour, donc je suis plutôt optimiste. Liège-Bastogne-Liège est mon dernier grand objectif de cette première partie de saison, après quoi je prendrai un peu de repos pour me ressourcer avant de me concentrer sur ma préparation pour le Tour de France. »

Une autre chance britannique de remporter enfin la Doyenne est Ben Tulett, qui a brillamment relevé le défi de remplacer Matteo Jorgenson à la tête de l’équipe Visma-Lease a Bike sur La Flèche Wallonne (3e). « C’était un moment important de ma carrière. On savait que ce résultat était possible, mais y parvenir est autre chose que d’y croire. On peut s’attendre à une course incroyablement difficile à Liège, mais nous sommes prêts et impatients. »

UN BATAILLON DE CANDIDATS AU PODIUM

Face aux trois mousquetaires, le reste du peloton reste prudent quant à ses chances. « Pogacar, Seixas et Evenepoel évoluent à un tout autre niveau », admet Egan Bernal (Ineos Grenadiers), qui arrive ici dans le cadre de sa préparation pour le Giro d’Italia, après avoir manqué la majeure partie de la saison en raison d’une blessure au genou. « Quoi qu’il en soit, une fois le dossard sur le dos, on donne tout pour gagner. » Mattias Skjelmose (Lidl-Trek) partage ce sentiment et compte bien effacer le goût amer de sa 5e place sur La Flèche Wallonne : « On a mal géré notre placement avant le Mur de Huy, mais je suis impatient et motivé pour Liège. On a les atouts nécessaires pour bien. La victoire sera extrêmement difficile à obtenir, mais avoir deux coureurs de notre niveau peut faire la différence dans la lutte pour le podium », dit le Danois en mentionnant son coéquipier Giulio Ciccone, 2e l'an dernier.

Deuxième à Huy, Mauro Schmid (Jayco-AlUla) a confirmé être dans l’un des meilleurs débuts de saison de sa carrière. « Je suis très content de ma campagne de classiques jusqu'à présent. Liège est comme un bonus, alors je vais peut-être prendre quelques risques. » Parmi les autres prétendants au podium peuvent être cités Kévin Vauquelin (Ineos Grenadiers), Romain Grégoire (Groupama-FDJ United) ou Santiago Buitrago (3e en 2023), leader de l'équipe Bahrain Victorious après le forfait de dernière minute de Lenny Martinez.

Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG)
Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG) © A.S.O. / Billy Ceusters

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