Pogacar triomphal, Seixas prodigieux
26 avril 2026 - 16:20
Les retrouvailles entre Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) et ses deux grands rivaux annoncés, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) et Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe), promettaient d’être spectaculaires. La 112e édition de Liège-Bastogne-Liège a été à la hauteur des attentes, et même plus que cela. Le peloton pressentait une attaque du Slovène dans la terrible Côte de La Redoute, comme en 2024 et 2025. Elle a bien eu lieu, malgré une cassure qui a initialement permis à un groupe de tête – où figurait Evenepoel – de mener durant 165 kilomètres. Ramené par ses coéquipiers, « Pogi » a finalement pris son envol dans La Redoute… avec Seixas collé à sa roue en dernier résistant. Les multiples relances du double champion du monde ont finalement eu raison du Français dans l’ultime ascension de la Côte de la Roche-aux-Faucons, à 14 kilomètres de l’arrivée. Un duel d’anthologie qui voit Pogacar décrocher sa quatrième victoire sur Liège-Bastogne-Liège, sa troisième d’affilée (2021-24-25-26), 45” devant Seixas qui confirme prendre rendez-vous avec l’avenir. Evenepoel (+1’42”) arrache la dernière marche du podium dans un sprint de 22 coureurs, devançant son compatriote belge Emiel Verstrynge (Alpecin-Premier Tech) et le grimpeur colombien Egan Bernal (Ineos Grenadiers).
Le soleil brille sur les 173 coureurs au départ de la 112e édition de Liège-Bastogne-Liège, où tous les yeux sont rivés sur trois hommes : les vainqueurs des cinq dernières années, Tadej Pogacar (2021-24-25) et Remco Evenepoel (2022-23), accompagnés par le jeune lauréat de La Flèche Wallonne 2026, Paul Seixas. Le Slovène est le grand favori, mais le Belge croit en un troisième sacre à domicile, tandis que le Français annonce qu’il ne part « jamais défaitiste ». Une bonne partie du peloton s’attend à une course contrôlée par les formations des trois coureurs, avant une offensive de Pogacar dans le Col de La Redoute, comme lors des deux dernières éditions. Rien ne se passe pourtant comme prévu. Du moins au début.
Les UAE forcés à travailler
Le peloton se scinde en deux dès les premiers kilomètres à la sortie de Liège. Les principaux favoris sont dans le second groupe… à l’exception de Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe). Le Belge fait partie de la soixantaine de coureurs à l’avant en compagnie, entre autres, de son coéquipier Nico Denz, de son ancien dauphin Quentin Hermans (Pinarello Q36.5, 2e en 2022) ou du grimpeur colombien Egan Bernal (Ineos Grenadiers). Un regroupement est pressenti mais c’est tout l’inverse qui se produit et la menace grandit. À tel point que des coéquipiers de Pogacar s’arrêtent pour attendre le peloton et ramener le leader slovène.
L’écart grandit au fil des kilomètres, et ce qui était une cassure se transforme en première échappée du jour. Celle-ci prend 2, 3, et jusqu’à 4 minutes d’avance au sommet de la Côte de Saint-Roch (km 83,7), la première des onze difficultés répertoriées. La différence diminue ensuite sous l’impulsion des hommes de la formation UAE Emirates XRG. Tim Wellens se met notamment en branle dans le Col de Haussire (km 132,4), revenant à 2 minutes et 5 secondes. Antoine L’Hote (Decathlon CMA CGM) vient lui prêter main-forte pour maximiser les chances de son leader, Seixas.
Sentant la meute, Alexander Kamp (Uno-X Mobility), Pascal Eenkhoorn (Soudal Quick-Step), Gijs Leemreize (Team Picnic PostNL) et Hugo Houle (Alpecin-Premier Tech) se détachent du groupe de tête pour former un quatuor de tête. Le Français Baptiste Veistroffer (Lotto Intermarché) les rejoint, pendant que le peloton Pogacar reprend enfin le groupe Evenepoel au 165e kilomètre de course. Les cinq derniers rescapés tentent de résister, mais leurs efforts sont vains et prennent fin dans la Côte de Stockeu (km 177,7).
SEIXAS DÉJÀ AU RENDEZ-VOUS FIXÉ PAR POGACAR
L’équipe UAE Emirates XRG imprime le rythme sous les coups de pédale de coureurs comme Pavel Sivakov et Benoît Cosnefroy. Cela empêche Tom Pidcock (Pinarello Q36.5), freiné par un changement de vélo, de faire la jonction. Le Britannique perd le contact et ses chances de podium. Le peloton avale le Col du Rosier (km 196,2), puis celui du Maquisard (km 208,7) et la Côte de Desnié (km 212,8). Vient enfin la très attendue Côte de La Redoute.
Comme en 2024 et 2025, Pogacar attaque et lâche tous ses adversaires… à l’exception d’un nouveau venu : Seixas. Le Français reste collé à la roue du Slovène durant le dernier kilomètre de l’ascension, et les deux hommes basculent en tête. Ils se relaient ensuite pour se débarrasser définitivement de leurs poursuivants et s’envoler vers un duel pour la victoire. « Pogi » insiste, Seixas résiste… et craque finalement sous les coups du double champion du monde à 14 kilomètres de l’arrivée, dans l’ultime ascension de la Roche-aux-Faucons.
Le double champion bascule avec 20 secondes d’avance sur le jeune prodige français et creuse l’écart en direction de l’arrivée. Derrière, Mattias Skjelmose (Lidl-Trek) s’extirpe du groupe des poursuivants pour tenter d’aller chercher en solitaire la médaille de bronze. Le Danois est finalement repris à l’entrée dans Liège. Loin devant, Pogacar lève les bras en quadruple vainqueur de Liège-Bastogne-Liège (2021-24-25-26) et devient le premier coureur à signer trois succès d’affilée au XXIe siècle. Un exploit qu’il dédie, doigt pointé vers le ciel, à son ancien coéquipier Cristian Muñoz, décédé vendredi des suites d'une infection au genou.
45 secondes après ce moment aussi triomphal qu’émouvant, le prodige français Seixas franchit l’arrivée et confirme qu’il n’est plus seulement l’une des incarnations de l’avenir du cyclisme : il en est aussi le présent. Le héros national Evenepoel règle le sprint du podium où pas moins de 22 coureurs terminent dans le même chrono. Il devance son compatriote belge Emiel Verstrynge (Alpecin-Premier Tech) et le grimpeur colombien Bernal pour décrocher un troisième podium ici, après ses victoires en 2022 et 2023.


